Analyse de Clément Francomme, CEO d’Utocat, sur les chiffres du marché non coté

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Le marché non coté connaît depuis plusieurs années une croissance fulgurante et intéresse de plus en plus les particuliers en quête de sens dans leurs investissements. Dans cet article, nous vous présentons l’analyse de Clément Francomme sur les derniers chiffres de la Banque de France du marché non coté.

 

 

L’avis de Clément Francomme

Clément Francomme, fondateur d’Utocat, a pour objectif de rendre la finance utile au service de l’économie réelle. Utocat conçoit des logiciels qui ont pour but d’accélérer et de simplifier les investissements non cotés. C’est pourquoi il a créé avec son équipe la solution Catalizr qui répond à cette problématique : comment réduire les coûts de traitement, les délais et augmenter la satisfaction client pour les placements non cotés.

 

 

 

Zoom sur les derniers chiffres du non coté !

Selon le dernier rapport des placements, épargnes et patrimoines des ménages émis par la Banque de France, voici ci-dessous une synthèse des flux et encours du marché boursier et non coté.

 

 

Nous venons de recevoir les chiffres sur l’épargne des Français fournis par la Banque de France, qu’en pensez-vous ?

 

« La première analyse que nous pouvons faire concernant le flux du non coté, c’est la mise en perspective de son important volume de 5,4 milliards d’euros. 2020 aura été une bonne année et montre de belles capacités de collecte pour le marché du non coté. Le record est pour mémoire de 9,1 milliards d’euros pour le 1er trimestre de 2019 et il y a encore de la marge pour le battre. Si nous analysons par rapport aux trimestres précédents : la période des 12 derniers mois a établi un nouveau record de 21,5 milliards d’euros de flux, dépassant de peu celui de 19,6 milliards sur la période précédente. Nous sommes dans un contexte très favorable à l’investissement non coté. C’est une bonne nouvelle pour les entreprises puisque ces placements sont des produits de fonds propres : il s’agit d’investissements productifs qui leur permettent de se développer, recruter et répondre à des problèmes sociétaux comme le chômage.

 

 

Si nous comparons ces chiffres avec ceux des actions cotées, nous constatons qu’au 3e trimestre de 2020 le non coté a fait 2 fois mieux que l’investissement en bourse. Nous parlons souvent du secteur boursier et de ses avantages, alors que les chiffres nous montrent clairement que le non coté est bien plus attractif.

 

Cette différence peut s’expliquer, car les marchés des actions en bourse et leur valorisation sont très élevés. De ce fait, les investisseurs vont se diriger naturellement vers des placements plus attirants comme le non coté.

 

Si nous comparons les actions cotées et non cotées sur une année complète, on se rend compte que les actions boursières ne représentent qu’un tiers des fonds propres alors que les actions non cotées arrivent environ à 50 %. Il ne s’agit donc pas d’un trimestre exceptionnel, mais d’une tendance de fond. Les actions non cotées depuis les 12 derniers mois sont les produits de fonds propres les plus attractifs en cette période de taux bas.

 

Si nous nous penchons sur les encours, nous constatons que celui du non coté est équivalent à celui d’un dépôt bancaire rémunéré comme, par exemple, le livret A. L’encours du non coté se rapproche également de celui de l’assurance-vie en euros. Finalement, je trouve que nous ne parlons pas suffisamment du non coté alors qu’il s’agit d’un très gros marché.

 

 

Concernant les fonds immobiliers sur le 3e trimestre 2020, ils sont en décollecte depuis deux trimestres pendant que l’épargne de précaution, déposée en banque, augmente. Pour moi, nous sommes dans une situation d’attente, de prudence, la confiance pour l’avenir semble plutôt faible. Il y a une bonne nouvelle que nous pouvons voir sur les disponibilités bancaires : lorsque la fin de la crise sanitaire sera annoncée, il y aura des capacités d’investissement intéressantes disponibles en France. »

 

 

Nous voyons une forte augmentation pour le non coté, à votre avis à quoi cela est dû ?

 

« Tout ceci est dû notamment aux injections de liquidités de la Banque centrale européenne (BCE), et un phénomène imprévu qui est la situation sanitaire actuelle. La BCE offre la possibilité aux banques de convertir des produits en prêt bancaire, donc les établissements peuvent prendre leurs actions cotées qu’elles ont dans leur stock pour les confier à la BCE. Par la suite, elle leur octroie des crédits financiers qui permettent aux banques de financer l’économie.

 

Les banques achètent donc de plus en plus de titres, de ce fait, on se retrouve avec un marché où il n’y a plus de titres financiers de qualité disponibles. Ces liquidités sont intéressantes pour les marchés cotés et notamment les sociétés très bien positionnées en bourse comme le CAC 40. Par contre, ces liquidités ne vont pas aller directement aux entreprises non cotées. Elles se retrouvent assez peu aidées par l’émission monétaire de la BCE, les banques ont des critères qui vont les exclure. Ce sont nécessairement des individus ou le venture capital, qui doivent prendre le relais.

 

La bonne nouvelle, c’est que le secteur non coté est un secteur certes risqué, mais qui offre une bonne rentabilité sur le long terme (5 à 10 ans). Il offre des opportunités d’investissements attractives dans des start-up, TPE, PME, ETI… Mais aussi dans ce qu’on appelle des champions régionaux ou nationaux, je peux citer par exemple SAMSE qui a bénéficié de cette période pour réorganiser son actionnariat, avec une très belle adhésion des managers à l’opération.

 

 

D’une manière générale, nous entendons plus parler du marché coté, alors pourquoi le flux des titres cotés en bourse est-il plus faible que celui du non coté ?

 

« De mon point de vue, les marchés boursiers sont perçus comme chers, les opportunités paraissent plus rares et il y a une tendance de fond en France à délaisser ce secteur. Les individus recherchent du sens dans leurs investissements et n’en trouvent pas vraiment dans les marchés financiers.

 

Aujourd’hui on se retrouve face à une conjoncture très favorable au marché non coté, avec d’une part cette tendance à délaisser les marchés cotés et d’autre part un produit perçu comme seule opportunité de rendement. Donc la situation est très élogieux au non coté. »

 

 

Comment avez-vous ressenti la crise sanitaire sur votre activité ?

 

« De notre côté, nous avons fait face à des difficultés organisationnelles au début de cette crise sanitaire mais nous nous sommes adaptés très rapidement. Nous pratiquions déjà le télétravail et les réunions à distance avant. Cela en a généralisé l’usage !

 

Néanmoins, nos relations commerciales avec nos clients, les banques, ont été complexifiées, le temps qu’elles mettent sur pied le télétravail, les protocoles sanitaires en agence, etc. La bonne nouvelle c’est que nous avons pu améliorer notre logiciel durant cette période, et ainsi le préparer aux fortes volumétries que nous avons constatées en fin d’année. Nous avons noté une augmentation de transaction supérieure d’environ 20 % aux objectifs que nous avions pour l’année 2020. »

 

Avez-vous un conseil pour les personnes qui souhaitent investir en non coté ?

 

« Pour moi, le non coté est un secteur de conviction, de passion et de sens. Je recommande à des investisseurs en quête de sens de s’intéresser à ce marché. En revanche, pour ceux qui n’attendent que du rendement, il risque d’y avoir des déconvenues puisqu’il s’agit d’un marché très humain, où les équipes comptent plus que tout. Ce sont des aventures humaines passionnantes. Donc si je devais donner un conseil, il s’agirait d’approcher ce marché dans l’ensemble de ce qu’il peut apporter, à la fois de la rentabilité, de la passion, mais aussi du sens.

Et bien sûr, je donnerai une recommandation classique qui est la diversification. Il ne faut pas investir toute son épargne dans un seul projet, mais je recommande de placer dans plusieurs projets différents, et si possible de continuer de diversifier au fur et à mesure des années. l’investissement en titres non cotés est un type d’investissement patient : il faut compter de 4 à 10 ans avant de recevoir les fruits de l’investissement. »

 

Pour vous, l’année 2021, est-elle celle du non coté ?

 

« Je pense qu’on franchit un cap dans l’attractivité de ce marché. Nous n’avons pas encore pu mesurer précisément combien de personnes sont intéressées, mais nous voyons avec nos partenaires bancaires et plateformes de crowdfunding qu’il y a une tendance de fond à l’augmentation : il est clair que le cap du million de personnes intéressées est passé depuis de nombreuses années. Ce qu’on pense, c’est qu’une fois qu’ils ont passé le cap, ils ne reviendront pas en arrière. Ils ont découvert ce sujet, ce n’est pas une fin en soi, c’est aussi un outil de diversification et de passion et donc le but n’est pas d’y mettre toute son épargne. Avoir un peu d’épargne sur le non coté est une excellente idée d’un point de vue patrimonial. »

 

 

Les chiffres à retenir :

 

D’une manière générale, les placements des Français ont augmenté sur l’année, les flux nets de placement des ménages sont passés de 181,9 milliards au T2 de 2020 à 212,3 milliards d’euros au T3.

 

Concernant les produits fonds propres qui représentent 47,5 milliards d’euros au 3e trimestre 2020 et regroupent 4 catégories :

  • Les actions cotées (13,8 milliards soit 29,05 % des produits de fonds propres)
  • Les actions non cotées et autres participations (21,5 milliards soit 45,2 %)
  • Assurance-vie en unité de compte (10,9 milliards soit 22,9 %)
  • Actions détenues indirectement Organismes de Placements Collectifs (1,3 milliard d’euros soit 2,7 %)

En cumul annuel, le flux d’épargne investi en produits de fonds propres augmente, passant de 32,6 milliards au T2 de 2020 à 47,5 milliards d’euros au T3. Cette croissance est favorisée par l’acquisition d’actions cotées et non cotées.

Les actions non cotées et autres participations sont passées de 19,6 milliards d’euros au T2 de 2020 à 21,5 milliards au T3 2020 soit une croissance de +29,5 %. Ces derniers chiffres confirment l’essor du marché du private equity. Cette évolution peut être expliquée par des besoins de diversification ainsi que de rentabilité.

Concernant les encours, ils stagnent, pour le secteur coté +0,03 % et pour le non coté +0,4 %. Mais on remarque tout de même que le montant du non coté est nettement plus élevé que celui du marché boursier [715,9 milliards de plus, soit 3,5 fois].

 

Interview rédigé par l’équipe Marketing d’Utocat

www.utocat.com

 

https://www.banque-france.fr/statistiques/epargne-et-comptes-nationaux-financiers/epargne-des-menages

https://capitalfinance.lesechos.fr/analyses/dossiers/2020-nouveau-chapitre-du-non-cote-1273311 

https://www.agefiactifs.com/investissements-financiers/article/non-cote-une-place-trouver-88292

https://www.groupe-samse.fr/sites/default/files/media/pdf/Projet%20SAMSE.pdf