À l'occasion du BankTech Day 2026, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, a réaffirmé le rôle stratégique du secteur bancaire dans la transformation technologique de la France et de l'Europe.
À l’occasion du BankTech Day 2026, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a réaffirmé le rôle stratégique du secteur bancaire dans la transformation technologique de la France et de l’Europe. Devant les principaux acteurs de la finance, de la régulation et de l’innovation, elle a appelé les banques à devenir des moteurs de la souveraineté numérique européenne.
Un secteur bancaire au cœur de la révolution numérique
Dans un contexte marqué par l’accélération des ruptures technologiques, la ministre a salué la capacité du secteur bancaire à intégrer rapidement les innovations de rupture. Intelligence artificielle, paiement instantané, cybersécurité, fintechs ou encore cryptographie post-quantique : autant de transformations qui redéfinissent profondément les usages, les modèles économiques et les attentes des citoyens.
Pour la ministre, la banque s’impose désormais comme l’un des secteurs les plus avancés dans l’adoption du numérique, démontrant qu’innovation technologique, robustesse opérationnelle et protection des données peuvent évoluer de concert. Elle a également rappelé que ce rôle de pionnier s’accompagne de responsabilités : adapter ses propres modèles au déploiement à grande échelle de l’IA, à l’émergence de nouveaux outils financiers, et anticiper le virage de la cryptographie post-quantique.
Le défi du financement des champions technologiques européens
Au-delà de sa propre transformation, le secteur bancaire a, selon la ministre, une responsabilité majeure : financer les technologies qui construiront l’économie de demain. La deeptech, qui recouvre l’intelligence artificielle, le quantique, les biotechnologies, l’énergie et les technologies duales, conditionnera pour une large part la croissance et la souveraineté européenne dans les décennies à venir.
La ministre a rappelé que l’Europe dispose d’atouts réels : des talents, une recherche de premier plan, des entrepreneurs ambitieux et un tissu d’investisseurs en amorçage de plus en plus structuré. Elle a cité plusieurs entreprises françaises au meilleur niveau mondial, parmi lesquelles Mistral AI, AMI Labs et H Company dans l’IA, Alice & Bob, Quandela et Quobly dans le quantique, ou encore Sekoia et Filigran dans la cybersécurité.
Le véritable défi réside désormais dans la capacité de ces entreprises à franchir le cap du scale-up. La ministre a identifié trois faiblesses structurelles qui entravent ce passage à l’échelle : une épargne européenne abondante mais encore trop faiblement orientée vers le financement du risque ; une fragmentation des marchés nationaux qui limite l’émergence de plateformes d’investissement paneuropéennes ; et une taille moyenne des fonds européens insuffisante pour intervenir sur des tours de grande ampleur, là où les capitaux extra-européens prennent trop souvent le relais.
Une mobilisation publique renforcée pour structurer l’écosystème
Face à ce constat, la ministre a rappelé l’engagement résolu de l’État pour renforcer l’écosystème de financement technologique, en France comme au niveau européen. Elle a notamment évoqué l’initiative Tibi, l’action de Bpifrance, le plan France 2030 qui consacre 54 milliards d’euros à la modernisation de l’économie, le plan Osez l’IA pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans tous les secteurs, et l’European Tech Champions Initiative, dont l’objectif est de faire émerger des fonds européens capables d’intervenir sur des tours de grande taille dans les secteurs technologiques stratégiques.
La ministre a également indiqué qu’elle s’engage personnellement, aux côtés de Roland Lescure, sur le sujet du financement de la deeptech, qu’elle a qualifié de critique pour l’avenir industriel et économique du pays.
La souveraineté numérique comme priorité stratégique
La ministre a rappelé que la souveraineté numérique constitue sa priorité absolue. Elle a insisté sur la nécessité de réduire les dépendances critiques, de protéger les données et de créer les conditions d’émergence de champions européens compétitifs dans les domaines stratégiques, sans pour autant verser dans l’autarcie.
Elle a souligné que la sécurité du secteur bancaire dépasse largement l’enjeu économique et constitue un impératif de souveraineté nationale. À ce titre, elle a mentionné la directive NIS2, dont elle a suivi avec attention la transposition en droit français, et qui imposera de nouvelles obligations à de nombreux opérateurs afin de renforcer la résilience des infrastructures financières numériques.
Un appel concret à mobiliser le secteur
En clôture, la ministre a lancé un appel direct aux acteurs du secteur financier, articulé autour de quatre axes :
Elle a réaffirmé son ambition de faire de l’Europe « le continent de l’innovation et de la souveraineté technologique », appelant à une mobilisation collective pour construire un modèle de croissance fondé sur la maîtrise technologique, la compétitivité et l’indépendance stratégique.
Rédaction : Finance Innovation