Business France : « La priorité aujourd’hui est de maintenir l’investissement dans les startups »

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A l’occasion des Rencontres Internationales de la French Tech, le rendez-vous phare de Business France dédié aux startups et PME du numérique qui s’est tenu le 3 décembre dernier, entrevue avec Eric Morand Directeur du Département Technologies du Numérique & Service Innovants chez Business France pour faire le point sur l’impact de la crise et les solutions et aides du plan de relance export.  

Les startups sont très souvent confrontées à un point crucial au moment de leur 5ème année de vie : est-ce que la récente crise a eu un impact sur l’espérance de vie et l’évolution des start-ups en France ? 

Les startups sont par définition des entreprises en hyper croissance et sont donc toujours confrontés à des jalons ou palier de maturité – et pas seulement à leur cinquième année de vie – qui peuvent constituer des risques pour l’équilibre de l’entreprise. C’est le cas lorsqu’elles établissent leur bon product market fit ou encore qu’elles réalisent un pivot ou une levée de fonds.

Il est évident que chaque crise a un impact direct sur les entreprises et notamment celles qui possèdent peu de liquidité ou de trésorerie. Les entreprises les plus résilientes qui s’adaptent et changent leur stratégie afin de continuer de générer des revenus et acquérir de nouveaux clients résisteront mieux à la crise.

Quels secteurs ont été les plus touchés ? Est-ce que les fintechs tiennent mieux le choc que les startups plus classiques ?

Les startups qui évoluent dans le domaine de l’hôtellerie-restauration et les biens de consommation non essentiels font partie des entreprises les plus touchées. A l’inverse, des entreprises de certains secteurs ont pu « surperformer » en cette année 2020 :  l’agroalimentaire (produits et équipements) la Santé/biotech en particulier ou encore l’Edtech aves les besoins croissants d’éducation à distance.

La crise n’épargne pas la Fintech car elle a ralenti leur développement mais elles se sont montrées agiles et réactives. Avec l’accélération des usages numériques (comportements des clients) les acteurs du paiement ont vu leurs activités s’accélérer. Les assurtech qui proposent des services 100% en ligne ont également tirés leurs épingles du jeu. Sans oublier les acteurs de la Regtech et de la cybersécurité (KYC, sécurité des données financières) pour répondre à la hausse de la fraude en ligne.

Vous mettez en place un dispositif d’aide aux start-ups pour (re)partir à la conquête des marchés étrangers : pouvez-vous nous le présenter ? 

L’international a clairement été identifié par le gouvernement comme un vecteur de croissance essentiel pour les entreprises et par conséquent, une priorité pour la sortie de crise. Pour repartir à la conquête des marchés étrangers, les entreprises de la Tech et des services ont besoin de solutions fortes, simples et innovantes pour connaître les marchés et leur évolution, prospecter dans les meilleures conditions, et identifier les bons partenaires et opportunités locales. Le Plan Relance Export doté d’un budget global de 247 millions d’euros répond donc directement à ces besoins. Il repose sur cinq axes structurants : l’information avec la mise en place d’un Info Live sectoriel et géographique, la prospection avec notamment le Chèque relance Export, la mobilisation des talents avec le V.I.E (Volontariat International en Entreprise), et le renforcement des outils de financement et promotion de la marque French Tech.

À date, quelles en sont les retombées ? 
C’est encore trop tôt pour le dire, mais c’est bien sûr notre ambition et celle que notre pays doit se donner. Tout est mis en œuvre, à travers un volet export puissant du plan de relance mais aussi la pleine mobilisation des équipes Business France sur le terrain, et de tous ses partenaires, pour encourager la reconquête par nos entreprises françaises des marchés du monde.

Est-ce que cette crise va renforcer la synergie start-up / grands groupes selon vous ? 

Au plus fort de la crise, nous avons constaté que plus de 50% des partenariats ont été stoppés ou décalés. Mais nous avons aussi constaté des initiatives de soutien financier par les grands groupes aux start-ups avec qui elles collaboraient. N’ayant pas les mêmes ressources financières, les échelles de temps doivent être réduites et les grands groupes se doivent d’être plus rapides dans la mise en place, l’implémentation et le paiement des services souscris aux start-ups.

L’avenir des start-ups : quels sont les lueurs d’espoirs, et d’un autre côté, les points sur lesquels nous devons rester vigilants ? 

Malgré la crise, 2020 devrait être une année record pour les levées de fond (Mirakl, Ynsect, Sendiblue, Qonto). Cela démontre la robustesse de l’investissement en capital-risque et traduit un écosystème plus mature.

La priorité aujourd’hui est de maintenir l’investissement dans les écosystèmes technologiques, favoriser les partenariats public/ privés et renforcer notre positionnement vis-à-vis des entreprises à forte valeur technologique. L’objectif :  faire émerger des leaders européens qui pourront concurrencer les entreprises américaines et chinoises et garantir ainsi notre indépendance technologique dans des domaine clés notamment : IA, Blockchain, Retail, Fintech…

Est-ce que ces jeunes entreprises ont déjà su tirer les leçons du premier confinement pour mieux adapter leur activité en période de crise ? 

Les jeunes entreprises ont énormément appris du premier confinement, notamment les procédures à mettre en place pour réduire le taux d’attrition, la restructuration et la mise à jour de la roadmap de développement stratégique en fonction des nouveaux paramètres et complication du marché lié à la crise.