Crise sanitaire : vers une redistribution des cartes ?

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Dans ce contexte aussi inédit que difficile marqué par l’épidémie du COVID-19, comment les startups s’adaptent afin de maintenir et de préserver leurs activités ? Qui en fait les frais, et quelles sont les entreprises qui en tirent profit ? Nous avons recueilli des éléments de réponses auprès de Pierre Dutaret, CEO et co-fondateur de Libeo, la plateforme dédiée à la gestion des factures fournisseurs, qui vient de lever 4 millions d’euros.

 

 

La crise sanitaire que nous connaissons a des répercussions sur l’économie. Quels secteurs sont les plus touchés ?

 

L’automobile et le tourisme sont très sévèrement touchés. Le retail (hors alimentaire), la construction et l’hôtellerie-restauration payent également un lourd tribut à la crise.

 

Cela étant dit, nous assistons également à de belles initiatives, des élans de solidarité : de nombreuses PME se sont mises à produire des masques, du gel hydroalcoolique, offrent leur service, fournissent des informations vitales aux personnes physiques et morales.

 

Les entreprises innovantes font preuve d’ingéniosité pour s’adapter. Certains de nos clients restaurateurs ont développé leur offre de livraison, proposé du click&collect, sans oublier de livrer des repas aux hôpitaux ou de redistribuer leurs stocks aux sans-abris.

 

 

Peut-on dire que, par la force des choses, des secteurs d’activité tirent profit de cette situation ?

 

La Health Tech et les services de livraison tirent leur épingle du jeu. L’ensemble des plateformes qui facilitent le travail à distance connaît également un pic d’utilisation, que ce soit Zoom pour les réunions, Notion pour la prise de note, ou Libeo pour la gestion de trésorerie.

 

 

Quels sont les outils ou solutions qui permettent aux startups en plein développement de gérer au mieux cette crise et de sécuriser au mieux leurs finances ?

 

Pour la gestion de ses finances, cela dépend de sa taille. Les PMEs sont mieux loties que les grands groupes, qui sont peu équipés de logiciels SaaS. Je recommande bien sur Libeo pour la gestion financière. Des solutions comme QuickBooks pour la comptabilité ; Evoliz, Factomos, MEG ou Zervant pour la facturation. De nombreux outils de qualité à recommander pour optimiser sa trésorerie : G-Collect, Aston pour le poste client et Rolling Funds pour se financer.

 

Côté Expert-Comptable, de supers start-ups proposent des solutions comme Chaintrust Welyb, NewDeal, HappyCab ou encore Beeye. J’en oublie bien sûr, nous avons la chance d’avoir un écosystème très dynamique en France.

 

 

Selon vous quelles sont les limites et les avantages du chômage partiel ?

 

Le chômage partiel est bien sûr très utile pour les entreprises obligées de fermer ou qui font face à une baisse d’activité significative. Cela permet de limiter de façon importante les dépenses de l’entreprise.

 

Pour les start-ups, c’est un schéma moins adapté. En effet, leur croissance est souvent jalonnée par étapes de 18 à 24 mois, pendant lesquelles il faut à la fois développer le produit et atteindre des objectifs pour se refinancer. Ainsi, se mettre en “pause” est difficile.

La limite principale est, à mon sens, que c’est un schéma onéreux qui va peser fiscalement dans les années qui viennent.

 

 

L’après crise du COVID-19 : pensez-vous qu’il y aura un avant et un après dans la gestion des entreprises et des startups ?

 

Cela dépend, je pense que pour toute une génération d’entrepreneurs c’est la première grande crise en tant que dirigeant. Pour cette génération-là, dont nous faisons partie, il y aura par conséquent un avant et un après, où la prudence sera de mise.

 

Néanmoins je pense, pour toutes les sociétés qui sont bien capitalisées, qui sont rentables, que cette crise va ouvrir de nombreuses opportunités, qu’il faudra savoir identifier, tester et scaler.

 

 

Est-ce que la sortie de crise va coïncider avec une redistribution des cartes de façon générale dans le secteur économique ? Quel impact post-crise sur l’écosystème des startups ?

 

La précédente crise a vu émerger de véritables poids lourds technologiques. Ce phénomène était particulièrement vrai aux Etats-Unis avec des sociétés telles que Facebook ou Airbnb. Je pense que cette crise va précipiter la fin de certaines pratiques désuètes en Europe et accélérer des mutations, déjà amorcées et inarrêtables. Cela va favoriser, comme aux Etats-Unis il y a 10 ans, l’apparition en masse de belles réussites européennes de la tech, au côté de nos groupes historiques du CAC 40.