[Interview] Panorama de l’écosystème Fintech à Tokyo en période de Covid-19 par Accenture

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Finance Innovation : En quelques mots, comment décririez-vous l’écosystème fintech de Tokyo ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

 

Accenture : Le Japon est la troisième économie mondiale, la région métropolitaine de Tokyo contribuant à hauteur d’environ 20 % au PIB du Japon, et se plaçant ainsi parmi les 20 premières économies nationales au monde, devant des pays comme les Pays-Bas, la Suisse, Taïwan et la Suède. 

 

Tokyo est depuis longtemps un centre financier d’échelle internationale et a pour ambition de devenir un hub incontournable dans le secteur FinTech. En 2020, Tokyo se classe comme 3ème centre financier selon le Global Financial Centres Index. Après avoir perdu des places les années précédentes dans ce classement, considéré comme une référence, Tokyo débuté en 2017 le programme FinCity Tokyo afin de rassembler tous les grands acteurs de l’écosystème des services financiers et de maintenir la première place de centre financier asiatique et de construire ensemble son avenir, notamment comme destination de choix pour les fintechs. 

 

Les ménages japonais détiennent 1 800 milliards de yens (16 milliards de dollars) d’actifs qui sont aujourd’hui sous-utilisés et nécessitent des opportunités de diversification. Plus de la moitié est conservée sous forme de dépôts bancaires et le Japon dit rechercher des acteurs étrangers pour l’aider à débloquer et à utiliser ces actifs. Aujourd’hui, seuls 17 % des actifs des ménages japonais sont investis dans des actions et des fonds communs, contre 43 % aux États-Unis. Les procédures sont également encore fortement matérialisées, 90% des assurances souscrites le sont à travers des agents dans des lieux physiques et de façon manuelle. Ce chemin à parcourir au niveau de la digitalisation présente donc encore un monde d’opportunités pour les fintechs. 

 

Les résidents et institutions financières de Tokyo soumettent également annuellement leurs besoins au Gouvernement de Tokyo, qui organise chaque année un concours appelé le Tokyo Financial Award, faisant appel aux sociétés étrangères pour l’aider à répondre à ces challenges. 

 

Ce concours, totalement virtuel cette année, permet aux fintechs et entreprises de la digitalisation, de gagner en visibilité auprès de l’écosystème local, de rencontrer des partenaires et de gagner le prix de 10M yen. A titre d’exemple, cela a permis à Shift Technology de monter un partenariat avec MS&AD (groupe d’assurance japonais) et à ChainAnalysis de recevoir des investissements de MUFG (Mitsubishi Financial Group) pour se développer en Asie. 

 

Nous vous invitons donc à candidater si vous êtes susceptibles de répondre aux besoins de Tokyo et souhaiter débuter des activités à Tokyo.

 

Visitez le site ici ou contactez Louise, la représentante du programme à Paris@Access2Tokyo.com.

 

Attention, les candidatures terminent le 11 septembre ! 

 

Les grands groupes sont donc des acteurs clés, très enclins à la création de partenariats avec des startups et entreprises de la technologie.

 

Rakuten a créé un fonds spécifique aux fintechs de $100 millions, MUFJ de près de $30 millions et Softbank investit massivement, notamment à travers son fonds « Vision Fund » ($3,5 milliards investi dans des startups en fintech, à date). Les groupes s’impliquent également dans la dynamisation de l’écosystème, dans lequel on peut aujourd’hui notamment retrouver des organisations qui animent la communauté (Fintech Innovation Japan, Finovators) et des accélérateurs (Finolab, Innovation Lab by MUFG).

 

F.I : Comment cet écosystème a vécu la crise du COVID-19 ? 

 

A : Pendant cette crise, les petites et moyennes entreprises se sont beaucoup tournées vers la fintech, notamment pour obtenir des prêts, l’avantage principal étant la réduction de temps dans la délivrance des prêts grâce aux processus digitalisés et aux technologies notamment d’IA. Money Forward, par exemple, a enregistré une hausse de 30% dans les prêts (depuis décembre 2019). Les citoyens sont également plus attentifs et semblent en recherche d’une meilleure compréhension et d’un meilleur suivi de leurs actifs ; la croissance de l’utilisation hebdomadaire d’applications bancaires se situe à 55% cette année.  

 

Le gouvernement a également prévu d’utiliser la Japan Finance Corp (100% publique) pour délivrer son programme de prêts de 1,6 milliards de yen, mais ne l’a pas encore mis en place.

 

F.I : L’après COVID-19 : comment les fintechs gèrent cette nouvelle phase ? Est-ce que le spectre d’une nouvelle vague du COVID-19 les encourage encore plus à anticiper ? 

 

L.G : Les acteurs japonais sont souvent reconnus pour leur capacité à déployer des nouvelles technologies et innovations de façon efficiente. Il semble que ce soit le cas en ce moment à Tokyo, où de nouveaux outils, modes de consommation et de travail ont été rapidement adoptés. 

La pandémie du Covid-19 a également renforcé l’appel des citoyens et des entreprises pour des solutions de comparaison de leurs options d’assurance ou de prêts, des solutions de cybersécurité et de digitalisation des procédures, entre autres. Ces appels se retrouvent d’ailleurs dans les besoins énoncés dans le Tokyo Financial Award, mentionné plus haut. 

Le Gouvernement de Tokyo mène d’autres programmes pour les fintechs et autres startups innovantes, n’hésitez pas à contacter Louise pour plus d’informations : paris@access2tokyo.com.