LatinaFintech – La Fintech en Amérique latine, un pilier de la sortie de crise Post Covid : croissance et opportunités

David Lequain LatinaFintech
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L’écosystème Fintech continue de s’imposer aux quatre coins du monde et dans plusieurs secteurs d’activité. La récente crise a permis aux différents acteurs de démontrer leur capacité à s’adapter aux contextes difficiles. David Lequain, fondateur et CEO de LatinaFintech, nous dévoile les spécificités de la prometteuse sphère Fintech en Amérique latine.

 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

Le nom de ma société LatinaFintech me résume sans doute le mieux. Latina, car je connais bien la région, notamment le « continent Brésilien » pour y avoir vécu longtemps, sans oublier l’Amérique hispanophone, secteur que je couvre depuis 10 ans depuis Santiago du Chili.

 

Ensuite le monde de la finance, aussi bien du côté bancaire avec des acteurs comme la banque Rothschild, BNP Paribas ou la Banque Tokyo Mitsubishi (MUFG) que du monde corporate en tant que VP et CFO au sein des groupes Nokia et Rexel.

 

Enfin, je suis passionné par tout ce qui est tech, notamment parce que je suis un fan de science-fiction ! Mais j’ai surtout eu la chance d’avoir été missionné dans la Silicon Valley par le groupe Nokia pendant plusieurs années, sans oublier ma dernière expérience chez MUFG comme CIOO en charge du changement du Core banking (solution Temenos) et du plan de digitalisation.

 

 

En quelques mots, comment décririez-vous l’écosystème FinTech en Amérique Latine ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

 

C’est un écosystème encore très jeune, divers et fragmenté, mais qui croît très fortement depuis quelques années, plutôt sur les services que sur les solutions, car la région n’a pas encore de « clusters » technologiques comparables à d’autres zones, même émergentes. L’offre est centrée sur les besoins énormes d’inclusions bancaires (près de 50% de la population reste non bancarisée), les paiement et transferts nationaux/internationaux (les diverses diasporas des latinos s’échangent, uniquement à titre privé, près 100 milliards de USD annuellement à des coûts exorbitants !), les financements aux particuliers et aux PMEs.

 

Les opportunités sont énormes compte-tenu de la demande, de la concentration des acteurs financiers historiques et surtout en raison de la rentabilité de cet écosystème. Il faut garder à l’esprit que les banques d’Amérique latine sont généralement sophistiquées du fait de leur résilience à l’hyperinflation et aux multiples crises ! À titre d’exemple, nous pouvons citer l’entrée récente de Tencent dans le capital de Nubank (Brésil) à hauteur de 160 millions d’euros.

 

Mais surtout, sur les segments des solutions techniques à haute valeur ajoutée et dans le segment B2B (scoring, Cybersecurité, solutions bancaires), la région connaît des taux de croissance à 3 chiffres. Il y a là un marché gigantesque pour des fournisseurs de solutions Fintech françaises.

 

 

Comment cet écosystème a vécu la crise du COVID-19 ?

 

Malheureusement, on n’est pas encore sorti du confinement, et c’est aujourd’hui la région la plus touchée, pour diverses raisons sociales ou politiques selon les pays. Les conséquences économiques sont très brutales. C’est clairement un coup dur pour un écosystème émergeant et encore peu structuré, mais les entrepreneurs latinos sont très habitués aux crises. Ils sont imaginatifs, résilients et savent rebondir. Il manque encore des fonds et de la technologie, mais il y a un marché énorme à saisir avec de très belles opportunités de partenariats et de collaborations avec les acteurs des écosystèmes étrangers.

 

En revanche, du COVID émerge un changement profond de la perception de la Fintech par tous les acteurs locaux : la Fintech est comprise maintenant comme un pilier fondamental de la sortie de crise alors qu’elle était perçue comme un épiphénomène sans importance par les grands groupes économiques locaux, une nouvelle source de concurrence déloyale par le secteur financier, ou une source d’instabilité pour les régulateurs.

 

 

Est-ce que les FinTechs ont su / pu apporter leur soutien aux grands groupes avec des solutions innovantes ?

 

Encore naissante, et plutôt centrée sur les services comme l’inclusion bancaire, les paiements et les prêts, la Fintech locale n’a pas encore trouvé toute sa place, notamment sur le segment des solutions B2B. Pourtant les besoins sont énormes.

 

Encore une fois, sur certains segments, les taux de croissance sont impressionnants (IDB survey Finnovista – 2019), autour de 60% sur des solutions « capital market », 90% de croissance sur le segment Entreprise Financial Management ou Insurtech, à 3 chiffres sur les thèmes sécurité, Regtech, scoring, fraud. On parle ici bien sûr de la croissance de l’offre locale Fintech, mais si on tient compte de la mortalité des startups d’Amérique latine, cela signifie que la demande des grands acteurs locaux reste très largement insatisfaite. Il y a un marché gigantesque à saisir.

 

 

 

L’après COVID-19 : comment les FinTechs gèrent cette nouvelle phase ? Est-ce que le spectre d’une nouvelle vague du COVID-19 les encourage encore plus à anticiper ?
Du Covid résultent 2 phénomènes contradictoires :

 

  • Un affaiblissement évident de l’écosystème local du fait de la crise économique très brutale (et aussi de son manque de maturité)
  • Paradoxalement, une prise de conscience concernant l’importance de la Fintech, notamment pour la sortie de crise et le développement de la région.

 

L’exemple le plus clair est la mise en place toute récente d’environnements juridiques favorables à la Fintech dans la plupart des pays avec notamment la création de « Sandbox » (je recommande le rapport de la banque Interaméricaine de développement IBD. https://www.fintechfutures.com/2018/04/regulatory-sandboxes-in-latam-and-caribbean-inter-american-development-bank-report/)

 

Il se crée donc un énorme espace de collaboration pour les acteurs étrangers et surtout une demande toujours plus forte à satisfaire.

 

C’est l’espace que Latinafintech occupe à travers ses 2 piliers :

 

  • Business Développement/apporteur d’affaires sur la région : nous sommes partenaires de divers acteurs de la Fintech Européenne, en étant leur force de vente locale et même pour certains, leur bureau de représentations régionales. Nous les soutenons dans toutes leurs étapes de croissance régionale.
  • Un centre d’excellence/incubateur Fintech régionale, d’un concept nouveau puisqu’il s’agit d’être un pont entre les écosystèmes Fintechs matures et l’écosystème latino Emergent. C’est déjà un souhait de nos clients Business Développement qui ont besoin de « tropicaliser » leurs solutions aux standards locaux. C’est aussi une demande très forte des écosystèmes locaux conscients de leur retard et ne souhaitant pas réinventer la roue ; mais surtout, c’est une aspiration des grands acteurs publics et multilatéraux régionaux qui voient en la Fintech un formidable outil de développement. Nous collaborons donc très activement avec la Cepal à Santiago – Le bras économique régionale de l’ONU – pour la mise en place de ce Hub.

 

Pour finir sur une note optimiste, les grands organismes multilatéraux  – FMI, Banque Mondiale, Banque interaméricaine – ont tous pris conscience de l’importance de la Fintech pour le développement de la région notamment en supportant des grands projets dans les paiements, la blockchain ou encore l’inclusion bancaire (je recommande le nouveau white paper de la Task Force de l’ONU)

 

Nous vous invitons à participer à l’évènement organisé par Finance Innovation, Latinafintech et Business France le 27/10 sur les opportunités dans la région. Cliquez ici pour vous inscrire.