Notation bancaire des bilans 2019, puis 2020 : carton vert ou carton rouge ?

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Vidéo 40 secondes vue sur BFM Business
« Ma notation bancaire ? J’en fais mon affaire !… »

Résilience

« Capacité d’une personne ou d’une société à résister à une épreuve brutale
et à en tirer profit pour se renforcer ».

 Rebond

« Reprendre de la vigueur après un coup dur ».

Les effets économiques de la crise covid19 que nous vivons sont sans précédent. Et les dispositifs d'accompagnement de trésorerie mis en place par l’Etat braquent les projecteurs sur un marqueur que bien des PME ignorent ou négligent trop souvent : la notation de leur bilan.

LA NOTATION : CLÉ OU VERROU POUR L’ACCES AUX FINANCEMENTS, NOTAMMENT AU PGE ?

Le financement est un carburant essentiel de la résilience des entreprises pour préserver et renforcer leur capacité à faire face, tenir, et se sortir vivantes de ce violent trou d’air sans dommages.

 

Les pouvoirs publics ont pris la mesure de ces enjeux avec la mise en place des dispositifs immédiats d’injection de cash, notamment avec le Prêt Garanti par l’Etat (PGE) via le système bancaire soutenu par les garanties de BPI France à hauteur de 90% pour les PME, sur une durée de 1 an prolongeable à 5 ans.

 

Toutefois, si les critères d’éligibilité à ces financements sont relativement clairs, la réalité de terrain est moins simple, et nous allons porter un éclairage sur les points de friction…

L'OXYGÈNE FINANCIER EST-IL VRAIMENT ACCESSIBLE À TOUS ?

Si, dans l’esprit, ces financements devraient théoriquement venir en aide à toutes les PME, ils sont cependant soumis à conditions :

  1. Principalement, le dimensionnement est cadré, notamment jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires 2019, ou deux années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019.
  2. Mais il est en outre précisé que « Après examen de la situation de l’entreprise (critères d’éligibilité notamment), la banque donne un pré-accord pour un prêt ».
    Cliquer ici vers le mode d’emploi du Ministère de l’économie.

Ce discret « notamment », que nous mettons ici en gras, est en réalité lourd de sens : il signifie que la banque est fondée à retenir divers critères qui lui sont propres pour ne pas consentir le prêt. Même si le système bancaire dans son ensemble, par la voix de la Fédération Bancaire Française, s’est globalement engagé à jouer le jeu, les décisions « au cas par cas » peuvent se solder par des refus.

Ce discret « notamment », que nous mettons ici en gras, est en réalité lourd de sens : il signifie que la banque est fondée à retenir divers critères qui lui sont propres pour ne pas consentir le prêt. Même si le système bancaire dans son ensemble, par la voix de la Fédération Bancaire Française, s’est globalement engagé à jouer le jeu, les décisions « au cas par cas » peuvent se solder par des refus.

Sur quels fondements la banque peut-elle retoquer une demande ?

Comme elle y est accoutumée, la banque juge sur la base d’un risque perçu et appréciéque l’entreprise soit ultérieurement dans l’incapacité de faire face au service de sa dette. Il faut d’ailleurs avoir à l’esprit que BPI France consent certes « automatiquement » sa garantie à 90%, mais de fait en délégant à la banque un filtrage des « mauvais risques »…

Devant la nécessité de traiter un afflux de dossiers dans l’urgence, une évaluation largement automatisée du risque s’appuie grandement sur la note bancaire interne, ainsi que sur la cotation Banque de France : cotation minimum de 5+ (nous reviendrons dans une prochaine newsletter sur ce mécanisme et l’analyse de ses conséquences).

 

Notons que la Banque de France ne cote que les sociétés dont le chiffre d’affaires est supérieur à 750 Keuros : ce sont environ 260 000 sociétés, soit  un petit 16% des quelque 1 600 000 entreprises du parc théoriquement éligible au PGE.

DÉCROCHER LE PGE : OFFICIELLEMENT, 3 À 5% DE DÉCONVENUES...

Point d’étape : au 29 avril 2020, plus de 400 000 entreprises ont sollicité un PGE, pour environ 48 milliards de prêts accordés, sur un potentiel de 300 milliards budgétés (chiffres présentés par BPI France et la Fédération Bancaire Française devant la commission des finances du Sénat).

Montant moyen : 150 à 190 000 euros, bénéficiant pour 90% des cas à des PME (en moyenne 90 000 euros pour les TPE). Le taux de refus était annoncé à 3-5%.
Cliquer ici vers le compte-rendu de Public Sénat.

Le recours à la Médiation du crédit en cas de refus.

Sur la période 6-30 avril 2020, 3 330 dossiers éligibles ont été déposés sur le site de la Médiation du crédit, soit une moyenne hebdomadaire de 833.
 
A défaut d’historique antérieur disponible, on pourrait donc estimer depuis le démarrage du dispositif PGE un nombre de 5 à 6 000 recours sur 7 semaines. Cette fourchette est à mettre en regard des 3-5% de refus des 400 000 PGE sollicités, soit quelque 12-20 000 dossiers écartés.

 

On peut donc avancer que 30 à 50% des entreprises s’étant vu refuser un PGE aurait eu recours à la Médiation du crédit. Aucune information n’est fournie sur le taux de résolution sur cette période. On sait cependant que sur longue période, 2/3 des requêtes auprès de la Médiation du crédit débouchent sur une solution totale ou partielle.

QUELLES SOURCES DE BLOCAGE DANS 3-5% DES CAS ?

Les sources de difficultés sont financièrement logiques et, selon divers témoignages, portent sur :

  • Le maximum de 25% du chiffre d’affaires 2018 ou 2019 ramené à la proportion des flux dont a bénéficié la banque sollicitée lorsque l’entreprise est multi bancarisée ;
  • Des fonds propres trop fortement dégradés ou insuffisants, au point parfois d’être devenus négatifs (même si le discours officiel est que peut être acceptée une dégradation au-delà de la moitié du capital) ;
  • Un endettement à long-moyen terme déjà très élevé, ou une capacité de remboursement obérée ;
  • Une relation dégradée entre l’entreprise et sa banque du fait d’incidents de règlements ou de dépassements significatifs de découverts raisonnables ;
  • Un prévisionnel non convaincant ;
  • Une notation défavorable d’autres entités d’un petit groupe familial.

La notation financière peut également constituer un verrou majeur : la cotation de la Banque de France comme évoqué ci-dessus, mais aussi la notation propre à la banque, souvent restée secrète, même si la loi Brunel du 19 octobre 2009 impose à la banque de communiquer et d’expliquer la note qu’elle attribue à l’entreprise.

 

Au final, il convient d’ajouter un concept-clé : la confiance grâce à la transparence et au réalisme. Elle doit se créer bien en amont, avant que ne survienne le gros temps et la crise de liquidités (quelle qu’en soit la cause). On peut néanmoins la créer tardivement à chaud, sur base de professionnalisme, de rigueur et de lucidité.

ENSUITE, DANS 12 MOIS, IL FAUDRA REMBOURSER OU PROLONGER LE PGE : STOP OU ENCORE ? UNE BOMBE À RETARDEMENT…

Avoir obtenu le PGE, c’est bien. Mais après, il va falloir rembourser !

 Et ce n’est pas gagné d’avance…

 

« … le PGE est prévu pour un an, mais l’entreprise peut choisir de prolonger son prêt jusqu’à cinq années supplémentaires. Pas question pour les banques d’accorder une telle durée à la main de l’emprunteur si son bilan n’était pas suffisamment solide avant la crise due au Covid19. » – Le Monde 19-20 avril 2020, p. 13.

 

Quelle cotation Banque de France et quelle note bancaire et assureurs-crédit seront affectées au bilan 2019 qui sort en ce moment, voire au bilan 2020 le moment venu ?

 

Il importe de l’anticiper, et de se préparer à la négociation.

 

N’oublions pas non plus les assureurs-crédit qui vont s’y intéresser !

 

Sans vouloir développer ici (nous y reviendrons prochainement), les assureurs-crédit des fournisseurs de PME s’appuient également sur un système de notation pour éventuellement réduire ou supprimer la garantie accordée. C’est souvent un drame pour des entreprises qui sont déjà en forte tension de trésorerie qui devront du jour au lendemain payer leurs achats « au cul du camion ».

LA NOTATION FINANCIÈRE, MARQUEUR PERFECTIBLE DE RÉSILIENCE

Statistiques AVANT la crise covid19 : à grands traits, les entreprises se répartissaient sur longue période à 50% performantes, 30% fragiles, 20% en difficultés (sources Banque de France et NOTA-PME ; nous reviendrons plus en détail sur cette ventilation dans notre prochaine newsletter).

 

La crise va d’évidence profondément modifier ces proportions dans un sens très défavorable à court et moyen terme.

 

C’est bien là que la notion de résilience est essentielle : quelle capacité à tenir dans la tourmente, et comment se mettre en capacité de rebond ?

 

Cependant, une mauvaise note financière n’est pas une fatalité : des moyens existent d’en minimiser l’effet négatif, et même de la mettre sous contrôle de manière réaliste et lucide.

 

Anticiper et travailler sa notation, c’est pour la PME à la fois améliorer son image financière et s’engager dans le renforcement ou la reconstruction de ses fondamentaux.

Quels sont les facteurs influençant sensiblement et le plus souvent défavorablement la notation ?

De la notation "fiscalo-comptable" à la notation "économique"

Chacun le sait, mais sans en tirer toutes les conséquences : la liasse fiscale, matière première de la notation, déforme la réalité économique de l’entreprise le plus souvent à son désavantage comme c’est largement expliqué dans des articles sur notre site (les consulter ici)

Cette distorsion impacte plus ou moins fortement la mesure de la santé financière de l’entreprise, selon bien sûr ses spécificités, par exemple :

  • Des actifs sous-valorisés (amortissements trop rapides, actifs immatériels insuffisamment appréhendés et reconnus…), avec en contrepartie des fonds propres sous-évalués ;
  • Une rentabilité faciale minorée en fonction notamment de contraintes ou préférences fiscales (réduire l’exposition à l’impôt sur les sociétés…) ou de décalages temporaires (prise en compte différée ou sous-évaluée de certains revenus, effets différés de certaines décisions économiques d’amélioration des marges…).

Il suffit le plus souvent de 3 ou 4 correctifs (réalistes et justifiés) pour grapiller quelques points dans la notation, et induire une amélioration sensible de l’image financière permettant le franchir le cap de l’acceptation du financement. C’est ce que vous découvrirez en cliquant ici vers le service en ligne NOTA-PME de l’auto-notation.

A condition cependant de ne pas partir d’une situation déjà trop dégradée, appelant dans ce cas lucidement une remise en cause et une reconstruction ou un retournement du business model.

Finalement, il s’agit de rechercher la notation reflétant une mesure « vérité » sans concessions de la réelle situation de l’entreprise, devant déboucher sur l’une ou l’autre des stratégies possibles :

  • améliorer et optimiser sa situation et son image ;
  • reconsidérer et réinventer son modèle économique (on dit « pivoter » dans le monde des startups lorsque d’évidence le business model d’origine ne fonctionne pas ou plus).

LES PME REPRENNENT LE POUVOIR SUR LEUR NOTATION GRÂCE AU DROIT DE RÉPONSE NOTA-PME…

Trop de PME sont notées « à l’insu de leur plein gré ».

Nous leur donnons les moyens de se défendre lorsque leur notation est injustement minorée.

Alors, patrons de PME, soyez volontariste, et osez proclamer haut et fort :

Avec NOTA-PME,

ma notation bancaire, j’en fais mon affaire !

Cliquez ici pour vous inscrire
à l’un des webinaires personnalisés de Nota PME
dédiés aux PME, ou à leurs accompagnants
(experts-comptables, CCI, conseils d’entreprise…),
ou testez l’auto-notation NOTA-PME