Time to yes : la tentation de l’instantané, les limites du réel

Au Bank Tech Day, la promesse du crédit instantané a été largement nuancée. Si l’accélération des parcours s’impose sur certains usages, les intervenants ont rappelé que la rapidité ne peut pas se substituer à l’analyse du risque, à la protection du client et à la compréhension des décisions.

Premier constat partagé, le time to yes ne peut pas être uniforme. « Tout le monde veut du time to yes instantané, mais personne ne veut du risque instantané », a résumé Charles Plessis, directeur associé chez B-Part Consulting. Pour Caroline Zanaret-Giros, Deputy CEO de Boursobank, l’enjeu est moins l’instantanéité que la fluidité. Répondre en quelques secondes sur un découvert est devenu un standard, mais sur des crédits plus engageants, le délai garde une fonction de protection. Elle insiste aussi sur un point souvent négligé : « le time to no est aussi important que le time to yes ».

À l’inverse, Revolut pousse une logique d’instantanéité maximale. « 100 % de nos décisions sont instantanées », souligne Jean Lecomte, COO Western Europe de Revolut. Cette instantanéité est permise par des parcours digitaux courts et l’exploitation de l’open banking. Une approche qui se heurte toutefois à des limites, notamment l’accès aux données ou la réticence de certains clients à les partager.

Côté crédit marchand, l’instantanéité est attendue sur les petits montants, mais reste partiellement théorique. Selon Thibaut Ravisé, CEO et co-fondateur de Quicksign et Panorabanques, une part significative des dossiers continue d’être retraitée manuellement, malgré les progrès du digital.

En toile de fond, un consensus se dessine. L’innovation, de l’IA à l’identité numérique européenne (eIDAS 2), peut accélérer les décisions, à condition d’être robuste, sécurisée et adoptée. Sans quoi, la vitesse risque surtout d’amplifier les fragilités, entre fraude accrue et manque d’éducation financière des clients.

Rédaction : Finance Innovation