Xaalys : la néo banque conçue par et pour les adolescents

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En créant Xaalys, Diana Brondel s’adresse aux adolescents et dessine pour eux des services bancaires innovants et en phase avec les attentes de cette clientèle très exigeante et habituée aux nouvelles technologies. Elle nous explique comment est né ce projet conçu pour et avec des adolescents.

 

 

Comment est née Xaalys ?

 

Ce projet est à l’intersection de ma vie professionnelle et de ma vie personnelle. J’ai passé dix ans à la Société Générale, connaissant bien la banque et ses services, je me suis aperçue de deux choses. Premièrement, il était devenu beaucoup moins difficile de créer un produit bancaire et de travailler sur des innovations d’usage ; deuxièmement, il n’existait aucune solution dédiée en direction des jeunes en France qui y associait leurs parents en tant qu’éducateurs.

 

En effet, les acteurs du secteur avaient occulté le fait que ce sont les enfants nés avec un smartphone à la main qui vont impulser les nouveaux usages bancaires. Mes fils, aujourd’hui âgés de 6 et 9 ans, ont aussi joué un rôle dans la création de Xaalys. Un jour, mon aîné m’a expliqué qu’il comptait s’acheter un vélo avec le billet de 5€ que je lui avais donné suite à la perte d’une dent de lait ! En discutant avec une amie, mère d’un adolescent, j’ai eu la confirmation que les jeunes avaient globalement assez peu de notion sur la valeur et la gestion de l’argent. J’ai donc décidé de créer une solution que j’aimerais moi-même utiliser en tant que maman, afin d’accompagner mes enfants à gagner en autonomie.

 

 

Les adolescents en 2020 sont de plus en plus indépendants et bien entendu connectés. Quelle a été la problématique abordée pour développer les services de Xaalys ? 

 

Xaalys est un outil pensé avec et pour les adolescents. Dès la construction de l’application et la définition de ses différents services, nous avons collaboré avec des adolescents pour appréhender au mieux leurs codes et leurs besoins : besoin d’instantanéité, de temps réel, la possibilité d’interagir avec leurs amis, une ergonomie friendly et en lien avec leurs codes.

 

Aujourd’hui, nous continuons à les solliciter régulièrement au travers de notre « Comex » d’ados, mais aussi via les réseaux sociaux qui nous permettent de recueillir leurs attentes et besoins directement et de façon simple et rapide.

 

Leurs réponses à nos interrogations nous permettent de leur offrir un outil toujours au plus proche de leurs attentes et de leurs besoins spécifiques. L’outil évolue de manière dynamique avec et pour eux, ainsi que pour mieux adresser les besoins de leurs parents « accompagnateurs ».

 

 

Est-ce que des solutions comme les vôtres permettent de plus responsabiliser les adolescents tout en garantissant la sécurité dans la gestion de leurs finances ? 

 

L’éducation financière constitue notre colonne vertébrale. La France est très mal classée en la matière dans les études Pisa de l’OCDE qui comparent le niveau des enseignements entre les pays. Les places boursières, l’histoire de l’euro, le vocabulaire de la banque et de la finance ou le calcul mental sont des domaines dans lesquels les jeunes générations présentent des lacunes…

 

Aujourd’hui sur notre application, nous récupérons une partie des contenus pédagogiques de La Finance pour Tous sur ces sujets, et nous les « regamifions » et travaillons, demain, à étoffer, ces différents contenus en y adjoignant du contenu additionnel – à titre d’exemple, nous venons de signer un nouveau partenariat avec la jeune chambre économique française qui a développé un brevet de sécurité financière qu’ils nous ont transmis pour « intégration » dans nos contenus- nouveau projet extrêmement enthousiasmant.

 

Notre objectif est d’aider les adolescents à prendre du recul sur la valeur des choses et à ne pas se laisser dépasser par l’argent en associant le parent qui a un rôle primordial d’éducateur sur ces sujets.

 

L’interface parent de l’application est interconnectée à celle de l’enfant. Non seulement le parent voit tout ce que fait son enfant, mais surtout c’est lui qui garde la main et paramètre les fonctionnalités de la carte et gère le fonctionnement de son compte.

 

Depuis son smartphone, le parent peut bloquer ou débloquer la carte de l’enfant, fixer des plafonds de retrait, décider dans quels univers d’achat la carte peut fonctionner. Nous ambitionnons d’offrir une sécurité maximale au parent pour accompagner l’autonomie financière progressive de son enfant.

 

Dans quelle mesure la crise sanitaire a impacté Xaalys ? Qu’est-ce qui a changé pour vous et vos clients ? 

 

L’impact de la crise s’est fait sentir en deux temps. Tout d’abord, nous avons noté une modification des comportements de consommation chez nos adolescents. Initialement, Xaalys était plutôt une solution du quotidien. Nos domaines d’achats se situaient autour de la grande distribution, de l’alimentaire, un outil pratique pour gérer les besoins du quotidien des adolescents et quelques achats emblématiques plus importants.

 

Avec le confinement, nous avons observé un renforcement des dépenses dans les univers de gaming, d’achats en ligne et de consommation sur les plateformes de streaming par exemple ce qui est assez logique et en ligne avec les restrictions de mobilité dues au confinement qui permettaient des consommations à distance mais pas in situ pour cette génération.

 

Ensuite, lors du déconfinement nous avons réaccompagné nos jeunes dans leurs achats décalés, la gestion de leurs budgets et la préparation de leurs vacances (achats de maillots de bain, d’accessoires pour faire du sport, etc.).

 

Du côté de notre équipe, cette période a été mise à profit pour solliciter nos clients adolescents et leurs parents. Nous avons échangé sur des sujets allant des axes d’améliorations de l’application, jusqu’au renforcement de nos liens. Nous avions à cœur de les impliquer dans notre réflexion sur la gestion des « lendemains » et obtenir leurs retours sur leur manière et envie de consommer à l’avenir. A quoi aspirent-ils ? De quoi auront-ils besoin ? Comment leurs priorités se sont-elles réorientées ? Par conséquent, nous les avons interrogé pour savoir dans quelle mesure ils avaient travaillé pendant le confinement et se sentaient prêts à en re-découdre une fois leur liberté de mouvement retrouvée et les réponses furent assez éclectiques. Le confinement n’aura définitivement pas été vécu de la même manière par toute la famille des utilisateurs de Xaalys.

 

 

Cette crise sanitaire semble être un accélérateur pour les process de digitalisation. Est-ce que vous avez également ressenti ce changement ? 

 

Pas vraiment. Les nouvelles générations, et plus particulièrement celle des adolescents que nous ciblons, étaient déjà massivement connectées avant la crise.

 

Cette dernière n’a pas vraiment eu d’impact sur la manière dont nous comptons approcher le marché ainsi que sur les services et fonctionnalités que nous mettons à disposition de nos binômes parent/enfant.

 

En revanche, la crise a eu un impact sur notre manière de travailler au quotidien. En tant que startup composée d’une équipe située sur deux continents différents, l’Afrique et l’Europe, nous composions déjà avec énormément de processus digitaux. Mais comme partout où cela était possible, le télétravail a été renforcé et nous avons accru notre utilisation des outils digitaux afin de continuer à travailler dans les meilleures conditions qui soient.

 

Pour autant, je dois quand même vous avouer que travailler à distance pour moi n’est pas une fin en soi. C’est un procédé tactique qu’il faut savoir gérer avec beaucoup d’intelligence mais le plaisir de me retrouver avec mes équipes, lire leurs réactions verbales et non verbales lorsque nous échangeons et discutons n’ont pas de prix. Et à titre personnel, mais encore une fois cela n’engage que moi, je trouve les processus de décision beaucoup plus rapides lorsque nous sommes tous dans une même pièce et la circulation de l’énergie est bien meilleure. Donner de la latitude à ses équipes pour s’organiser c’est important, c’est une question de responsabilité, d’autonomie et de confiance mais à titre personnel, je préfère travailler physiquement avec les gens que virtuellement à travers des écrans – sûrement dû à mon côté très méditerranéen et tactile du sud, on ne se refait pas entièrement 😊.