Comment Yakman a réussi une levée de fonds en pleine crise COVID-19 ? 

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Qui a dit que la Crise liée au COVID-19 bloquait les levées de fonds ? La Fintech nantaise Yakman vient de prouver le contraire, avec une opération validée par des acteurs du secteur assurantiel. Bertrand Favre, CEO de Yakman, nous raconte les coulisses de cet exploit, dans un contexte où le secteur de l’assurance fait face à de nouveaux défis.

 

 

Quel est le moral des troupes chez Yakman dans ce contexte marqué par le COVID-19 et un déconfinement progressif ? 

 

Le moral des troupes est bon. Le 10 mars, quelques jours avant le confinement, nous avions organisé une journée d’équipe autour de diverses activités collaboratives dans le but d’apprendre à mieux se connaître, mieux collaborer et partager une vision commune pour Yakman. Cette journée a initié une belle dynamique qui nous a porté pendant le confinement. Et puis, nous avons mis en place des routines : tous les matins, nous nous réunissons 20 minutes pour faire le point de la veille et préparer la journée à venir, exprimer ses avancées, partager les sujets sur lesquels nous avons besoin d’être épaulés. Tous nos projets sont gérés collectivement et nous travaillons souvent en binômes. La visioconférence est privilégiée.

 

La prospection commerciale tournant au ralenti pendant le confinement, nous avons bouclé des projets structurants. Nous avons ainsi revu notre positionnement avec la mise en lumière de nos valeurs : la solidarité, la responsabilisation des utilisateurs de nos partenaires et une meilleure protection de ces derniers. Nous avons également renforcé notre catalogue produits autour d’univers (santé, travail, mobilité…) et de cibles variées (TNS, jeunes, seniors…).  Et pour finir, nous avons construit et mis en ligne un nouveau site vitrine qui reflète mieux ce qu’est devenu Yakman aujourd’hui pour mieux servir nos partenaires dans l’enrichissement de leur relation client via nos produits de couverture innovants.

 

Depuis le début du déconfinement, nous avons repris nos efforts de prospection et nous constatons que nous sommes plus convaincants et que la valeur ajoutée de notre solution technologique et nos services sont mieux compris par nos prospects.  De nombreux contacts ont été enclenchés récemment et les premiers échanges sont prometteurs.

 

 

Dans ce contexte délicat vous avez réussi à effectuer une levée de fonds. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez réussi à gagner un tel pari ? 

 

Effectivement, le contexte était très délicat et nous remercions nos partenaires financiers de nous avoir fait confiance et d’avoir confirmé leur soutien. Nous avons beaucoup échangé avec eux.  Par ailleurs, notre proposition, fondée sur la responsabilisation et la solidarité, est en phase avec les valeurs mises en avant pendant la crise et avec la nécessité de trouver des modèles alternatifs.  La crise sanitaire a servi de révélateur.  Notre message est devenu plus audible.  Nos investisseurs l’ont bien compris.

 

 

Comment envisagez-vous l’après COVID-19 ? Qu’est-ce qui va changer selon vous dans le secteur de l’assurance et dans l’expérience client ?

 

Le secteur de l’assurance est très exposé et chahuté en ce moment. Les clients ont clairement exprimé leur défiance d’une part, et des attentes fortes en termes de proximité et de compréhension de leurs besoins d’autre part. Ils sont sélectifs, à la recherche du juste équilibre économique mais également en recherche de solution vertueuses et en phase avec les changements que vit notre modèle sociétal. Les acteurs du monde de l’assurance sont sommés de s’adapter et de se réinventer. Comme les banques, les assureurs sont nos partenaires et nous échangeons régulièrement avec eux : tous sont conscients que des changements vont s’opérer. A minima, cela passera pour la modernisation des processus d’organisation – le télétravail et l’explosion de l’organisation décentralisée n’en sont qu’une part émergée ; mais d’autres réfléchissent également à changer le paradigme pour mieux coller aux attentes clients. Le défi lancé est immense.

 

Chez Yakman, nous sommes convaincus, qu’une partie de la réponse se trouve dans la relation client. Les clients ne doivent pas seulement être écoutés. Ils souhaitent également être impliqués, responsabilisés ; leur permettre d’être acteurs et pas uniquement consommateurs pour recréer un lien de confiance est un vrai levier de différenciation et d’engagement client. Pratiquement et à plus court terme, nous pensons que les contacts des assureurs avec leurs clients seront simplifiés avec la digitalisation des services et des offres plus claires et plus simples.